Non seulement les CFF sont chers.
Non seulement ils sont en retard, en panne ou bondés.
Mais en plus, ils ne présentent pas la moindre caractéristique de bienséance commerciale.
Victimes de leur monopole, peut-être, ils ne savent visiblement pas fidéliser et choyer leurs bons clients qu'ils préfèrent sanctionner.
Dans ma famille, tous adeptes d'une mobilité respectueuse de l'environnement, nous collectionnons les abonnements de transports publics, les demi-tarifs etc.
Ma fille âgée de 22 ans, pas encore tout à fait aguerrie aux réalités administratives, se rend quotidiennement à Renens pour y étudier, parfois en oubliant son abonnement de parcours Genève-Lausanne valable 1 an pour la somme de 1'700 francs.
Lors d’un fameux jour d’étourderie, le contrôleur vérifie à l’aide de son petit terminal électronique si ma fille dit bien la vérité quant à sa possession dudit abonnement. Malheureusement, la petite machine fait état de données partielles, à savoir que ma fille bénéficie de la gratuité des transports publics genevois, corollaire à l’achat de l’abonnement CFF, mais l’employé ne trouve malheureusement aucune trace de ce dernier. Par conséquent, le contrôleur déduit que ma fille est bien titulaire du droit de circuler sur ce trajet ferroviaire, mais se trouve dans l’impossibilité formelle d’en être certain. Méticuleux, l’employé signale donc à la centrale la passagère frauduleuse.
L'on pourrait penser ou espérer que l'avantage concédé aux fidèles clients des CFF serait, en cas d'oubli de d’abonnement, de pouvoir aller simplement le présenter au plus vite au guichet pour démontrer sa bonne foi. Cela devrait suffire d’autant plus que le trajet est déjà payé pour 365 jours, et que la démarche de l’abonné fautif n’implique aucune charge financière pour les CFF.
Que nenni !
L'abonnement présenté dans les délais, n’empêche pas la sanction de l’oubli.
Le montant de l'amende est de 5 francs, à payer sur place !
L'histoire pourrait être cocasse si elle s'arrêtait là. Or, en cas de dépassement du délai octroyé de 10 jours pour présenter l’abonnement, le service des contentieux, qui reçoit automatiquement l’information dès qu’un voyage a été effectué sans titre de transport valable, adresse à son tour une facture pour le parcours non payé, en l’espèce 41.20 francs, somme à laquelle s’ajoutent 30 francs de frais administratifs avec la remarque : abonnement de parcours oublié !
Bénéfice net pour les CFF, sur un aller-retour Genève-Lausanne, en toute connaissance de cause : 71.20 francs. Auquel il faudra encore rajouter 40 francs de rappel et, cerise sur le gâteau, la menace d’une plainte pénale.
Je dois préciser avoir téléphoné au service des contentieux, notamment pour connaître précisément la procédure, lequel a très aimablement consenti à « effacer l’ardoise » de ma fille.
Mais dans le fond de l’affaire, la courtoisie et la compréhension des collaboratrices et collaborateurs du service des contentieux n’y change pas grand chose. Appliqué à la lettre, le protocole de résolution des litiges à l’égard des voyageurs abonnés frise tout de même la mesquinerie. Juste un peu…